Si, en ces temps de tourmente culturelle, sociale, et politique, on me demandait de définir mon travail en choisissant entre : Créateur underground,
Travailleur social,
Alternactiviste culturel,
Pédagogue actionniste,
Ou résistant passeur de traditions clandestines, je ne le ferais pas, car mon travail aujourd’hui, c’est tout cela à la fois.
Né le 29 mars 1959 à Chatou.
Happé par la vague folk à la fin de l'adolescence, il fréquente alors assidûment le folk club parisien "Le Bourdon", et commence à jouer du violon en autodidacte. Il entreprend ses premières collectes sur les musiques de tradition orale en Auvergne (Cantal, Haute-Loire) puis à Paris, au sein de la colonie auvergnate. En écho à sa propre histoire (il est d'une famille d'auvergnats de Paris), et pour jouer le répertoire collecté dans la capitale, il forme en 1981 avec Marc Anthony (vielle à roue) et Dominique Paris Il commence alors à s'interroger sur les transformations des musiques de tradition orale d'origine rurale confrontées au milieu urbain. Il écrit plusieurs articles, et donne des conférences sur ce sujet.
En 1989, il fonde avec Marc Anthony la "Compagnie chez Bousca”, collectif d'artistes musiciens qui crée plusieurs spectacles et enregistrements (concert "Les Réveillez", CD "Ethnograffiti" chez Silex ...), et il obtient le diplôme d'état en violon traditionnel.
Il croise la même année Jean-Paul Goude et l'équipe de Téléma pour la participation des musiques traditionnelles au défilé du 14 Juillet - "La Marseillaise".
Les rencontres "Coups d'archets" (en 1992 et 1995) l'amènent à s'interroger sur les échanges possibles entre violonistes de différentes familles, et sur l'apport pédagogique des musiques de tradition orale dans une pédagogie musicale ouverte.
Dans ses interventions en écoles de musique, conservatoires (L'Haÿ les Roses, Alfortville, Calais, Nevers...), il cherche autant avec les enseignants qu'avec les élèves à approfondir cette question.
La même année, il est chargé de mission par le Ministère de la Culture et la Région Languedoc-Roussillon pour réaliser une étude de faisabilité d'un Centre de Musiques et Danses Traditionnelles en région.
En 1993, il rejoint la Compagnie du Cercle et s'interroge avec Abbi Patrix et Bernard Chèze sur les relations entre musique traditionnelle et parole du conteur. Il crée en duo avec Bernard Chèze ”Voilà Voilà”, en duo avec Abbi Patrix "Le compagnon” (350 représentations).
Il aborde dans une création avec Dominique Pifarely, Régis Huby, Jacky Molard, Philippe Deschepper, Joël Allouche, Bruno Chevillon, la question de l'improvisation qu'il approfondit avec Patrick Moutal dans les ateliers d'improvisation modale du CNSM de Paris durant deux années.
Désireux de se confronter à la nudité originelle du solo, il crée en 1996, en coproduction avec la Maison pour tous de Chatou (78) et la Compagnie du Cercle, "De mémoire de violon", son premier spectacle solo (100 représentations), et enregistre en 1998 un disque solo de violon acoustique pour le label Cinq planètes (Diapason d’or 2000 - Choc Le Monde de la Musique novembre 2000).
Il est invité en duo avec Frédéric Aurier (violon) - par Patrice Fontanarosa au concert "Les âmes du violon” au salon Musicora 1997 pour représenter les musiques traditionnelles françaises, et l'année suivante, en solo et en duo, aux journées d'ouverture des concerts de Radio-France.
En 1998, il enregistre en duo avec le violoniste chanteur anglais Chris Wood un CD pour le label RUF Records, fruit de plusieurs années de collaboration, et participe à plusieurs projets de réalisation (concerts, enregistrements) de l'agence Auvergne (AMTA) en tant que formateur et conseiller artistique.
En 1999, il prépare un nouveau spectacle solo, "L'idiome du village”, où le musicien de tradition orale y est envisagé comme le maillon d'une longue lignée d'artistes marginaux de l'histoire de l'art (Bruts, aliénés, enfants, primitifs contemporains...).
En 2000, il réalise avec le label Boxpock un CD « Faire l’idiome pour avoir du son ». Participe avec « De mémoire de violon » au Festival de Québec (juillet 2000).
En 2001 il participe en tant que compositeur et comédien au spectacle « Extases » de la Compagnie Les Héliades à Colombes (92), assure la direction artistique du cinquantenaire du groupe folklorique La Jimb’r’tée bourbonnaise à Yzeure Espace (expo, défilé de mode, spectacle...) et joue « L’idiome du village » (Paris, Joze, Polignac...).
En 2002 il crée la musique de « A fleur de peau » de la Compagnie Les Héliades, mis en scène par Véronique Widocq, joue « L’idiome du village » (Le Havre, Conflans Saint Honorine, Corte, Namur...) et prépare, en duo avec le batteur Régïs Boulard, un enregistrement pour le label Boxpock.
En 2003, à l’occasion d’une résidence départementale en Yvelines pilotée par la Maison Pour Tous de Chatou, il crée « la Soustraction des fleurs », un spectacle en trio avec Frédéric Aurier (violon), Sylvain Lemêtre (zarb), Sam Mary (lumières) enregistre sur le site et pour le label Boxpock l’album en duo avec Régïs Boulard (batterie), « Blockheads », et crée le spectacle éponyme à la même Maison Pour Tous.
En 2004, il joue « l’Idiome du village » et « De mémoire de violon », le duo « Blockheads », et crée au festival « Musique et quotidien sonore » organisé par le GMEA d’Albi, le solo acoustique « Triporteur Sonata ».
En 2005, il joue « la Soustraction des fleurs » (Tulle, Niort, Colombes…), participe avec Iko, vidéaste au festival Meetings à Rennes, joue en duo avec Frédéric Le Junter aux rencontres « Spoutnik Sonore » à Conflans Sainte Honorine, crée avec Catherine Delaunay (clarinette) et Tatiana Mladénovitch (batterie) la musique du spectacle « A la vie » mis en Scène par Jean Marie Lejude et produit par la compagnie L’œil du Tigre et enregistre la musique du spectacle « La manufacture d’hommes » créé par la compagnie de l’Eygurande, mis en scène par Jean -Louis Mercuzot.
En 2006 il crée « Le jour de l'air de Jo » une veillée pour archives vidéo et musique en direct à propos du violoneux cantalou Jodeph Perrier et il enregistre pour le label signature de Radio-France « la soustraction des fleurs ».
Bref il continue à s'interroger.
"J'ai hérité de ma famille et grâce à quelques singulières rencontres d'un attrait pour le monde ancien, mais ma sensibilité m'a toujours poussé vers les formes de l'art d'aujourd'hui. Mon travail s’élabore dans cet entre -deux."
Jean-François VROD
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