Jean François VROD, INFOS, site officiel
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JF VROD INFOS
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violon, Jo, JF Vrod
  Discographie sélective
- Blockheads, "chez Françoise". Boxpock.
- "faire l'idîome pour avoir du son" Boxpock.
- "Crossing" Chris Wood, Jean-François Vrod CD Ruf Records 1999.
- Jean-François Vrod CD Cinq planètes 1998
- Jean-François Vrod "Voyage" CD Silex Auvidis (Prix Académie Charles Cros) 1996
- Le compagnon, contes de Norvège Abbi Patrix, Jean-François Vrod CD Zéro de conduite, Auvidis 1996
- Trio violon Champeval, Durit, Vrod "La concordance des temps" CD Silex Auvidis 1991
- Compagnie Chez Bousca "Ethnograffiti " CD Silex Auvidis 1991
  Publications (extraits).
- "Paris, surprises, surprises... ou la collecte en métro" Modal, la revue des musiciens routiniers 1984
- "Bals auvergnats du Xlème , le son nouveau est arrivé" L'apache 1984
- Passant par Paris..." musique d'Auvergne en scène en collaboration avec Michel de Lannoy Vibrations n° 5 La scène 1988
- "Qu'est-ce qu'on joue demain ? " à propos des enjeux de la formation, Transmettre la musique traditionnerle aux enfants, corlection Modal poche 1994
- "Accomoder l'objet"1 instruments de fortune1 lutherie populaire1 Modal 1998
- "Carnets de routes" Revue d'Auvergne n° 550 1999
Modal 2000 Coordination générale de l’ouvrage
  Les publications et chroniques
 Le jour de l'air de Jo.
(Auto-interview de Jean-François Vrod à propos de son projet sur Joseph Perrier, violoneux auvergnat disparu en 2003, pour la revue Tradmag)
Jf : C'est quoi ce projet ?

Jf : J'ai longtemps naïvement pensé que lorsque Joseph Perrier, violoneux cantalou des environs de Bort-les-Orgues disparaîtrait, je saurais alors jouer toute sa musique. Evidemment, il n'en est rien.
J'avais 20 ans quand je l'ai rencontré et pendant presque 25 ans nous sommes vus régulièrement, ça finit forcément par fabriquer quelque chose…
Alors maintenant quoi faire ?

Jf : Pourquoi lui et pas un autre ?

Jf : Je crois que c'est un ensemble de raisons qui ont fait qu'une relation particulière s'est installée dans le temps.
Tout d'abord ma famille maternelle est originaire d'un village juste à coté de chez lui, et puis c'était un musicien extraordinaire, même si au départ il ne semblait pas répondre totalement aux critères du violoneux traditionnel tel que nous l'imaginions à l'époque, c'est-à-dire indemne de toute influence extérieure. Lui, au contraire revendiquait de façon très consciente un héritage croisé.
Ce n'est que bien plus tard que j'ai commencé à comprendre avec quelle maîtrise il avait su organiser dans un même jeu, des éléments techniques d'univers différents pour jouer une musique d'une rare puissance.
Généralement quand une nouvelle esthétique arrive, elle chasse la précédente, avec lui ce n'est pas le cas, on a l'impression au contraire, que les différentes influences se renforcent mutuellement.
Il était capable de jouer une bourrée très complexe dans sa structure mélodique en utilisant un tempérament inégal avec degré mobile, et l'instant d'après, une magnifique valse dix-neuvième avec moult démanchés et vibrato.
Aujourd'hui, je dois dire que cette « largeur d'épaules » me fascine !
A sa manière, il a répondu à une bonne partie des questions à propos du métissage et de l'évolution musicale du fonds traditionnel qui nous obsèdent à notre tour !
Il était d'ailleurs, bien que pas très grand, très costaud physiquement !

Alors quand il est parti, une fois la tristesse un peu digérée, un tas de questions ont commencé à se poser.
Tout d'abord, comment marquer ce passage d'une façon qui soit à la hauteur de la relation que nous avions entretenue pendant plus de 20 ans, moi et tous les autres avec lui.
J'ai alors commencé à imaginer différents projets qui tenaient compte de tout cela. A chaque fois, la dimension du temps qui passe y avait naturellement de l'importance.
Par exemple, une performance de 12 h où chaque heure aurait été ouverte par une mélodie ou un extrait de film de Joseph, les invités, musiciens, plasticiens, public, donnant pendant le temps restant, « leur » réponse en réaction à ce qui venait de se jouer.
Le tout aurait pu constituer une grande fresque plastique et musicale, sujet à réaliser par la suite un objet-témoin (DVD, film, cd, livre…).

Parallèlement à cela, pour m'engager moi-même dans quelque chose, j'ai décidé de jouer du 7 janvier 2004 (un an exactement après la disparition de Joseph) au 7 janvier 2005, une mélodie de son répertoire par jour, en tenant un agenda sur lequel j'ai noté, dessiné, collé, et réfléchit à tout ce que cette action quotidienne m'inspirait.

Jf : Et alors ?


Jf : Et alors ça m'a bien pris la tête, mais ça me paraissait être à la mesure de ce que je cherchais alors j'ai tenu bon.

Jf : Pourquoi ?

Jf : Parce que comme tu le sais, la période actuelle est loin d'être faste en ce qui concerne nos domaines d'activités, alors en profiter pour requestionner à travers cette action quotidienne les fondamentaux de ma pratique m'est assez vite apparu comme assez salutaire, j'allais même dire hygiénique ! Une sorte de vocabulaire opératoire est apparu, avec des questions récurrentes sur la fidélité, la trahison au modèle, la technique instrumentale, le sens politique de notre action artistique, la tentation du folklore, les dérives identitaires et extrémistes dans notre milieu…
La contrainte quotidienne m'a permis d'aborder cela beaucoup plus en profondeur sans zapper, et de le mettre en forme.
Alors le 7 janvier 2005, que j'ai passé en compagnie de Germaine Perrier, la femme de Joseph, quand j'ai refermé le cahier, j'ai ressenti par la sensation de vide qui m'a envahi, à quel point cette action avait été importante, et aussi combien j'avais été marqué par la musique de ce bonhomme.

Jf : Et là, t'as fait quoi ?

Jf : J'ai d'abord passé un très sale moment, et puis j'ai commencé à accepter le fait que c'était maintenant notre génération qui était en charge de ce qui avait été transmis, et que tout cela dépassait très largement une collection de jolies mélodies à rejouer fidèlement.
Curieusement, si l'approfondissement de cette matière m'a aidé à mieux la jouer, elle a aussi nourri mon appétit d'invention à partir de tout cela.
A différents niveaux, je me suis senti plus droit dans mes bottes !

Jf : Et ce cahier, tu l'as gardé pour toi ?

Jf : Au début oui, je n'osais pas le sortir, et puis j'ai commencé à le montrer, d'abord dans un stage de violon chez Fabien Dubarre aux Damoiselles, puis à mon vieil ami Christophe Declercq, et à quelques proches, Olivier Welly, Laurence Dupré (avec qui depuis, nous avons entrepris de noter l'ensemble du répertoire traditionnel de Joseph, soit une petite centaine de mélodies) Françoise Morvan, Régis Boulard, Simone Aurier, Philippe Véniel…. Je l'ai même laissé pour un temps, à Guénolé Keravec, jeune joueur de bombarde qui passait le DE en Bretagne, et à chaque fois, vu la quantité de choses qui y sont abordées, il a agit comme déclencheur, révélateur, base de discussions et d'échanges. On est vite au cœur du sujet avec une chose comme celle-là entre les mains.
Moi-même aujourd'hui, je m'en sers comme d'un objet ressource dans différentes occasions, et ça permet aussi de faire comprendre à des gens extérieurs à notre milieu, ce que nous faisons.
Je reste effaré de la résistance qui nous entoure quand à ce que nous avons à dire et à jouer, et rien ne nous permet d'annoncer que ça va s'arranger, c'est le moins qu'on puisse dire.
Alors autant continuer à s'interroger sur nos modes de communication.

Jf : Et maintenant, tu fais quoi avec ça ?

Jf : Après le retour positif d'un certains nombre de gens, j'ai cherché une forme simple pour présenter cela.
C'est « Le Jour de l'air de Jo » : Une soirée en 2 parties qui comprends tout d'abord la projection d'un montage d'images d'archives sur Joseph Perrier réalisées de 1984 à 2002 par Jean Frébaut, Charly Beyer et Vidéostar, Luc Roche, Marc Anthony, André Ricros et moi-même, puis une deuxième partie où je viens avec mon violon, faire une lecture transversale et musicale du cahier, le tout pour une petite jauge de public et en acoustique.

Jf : Quand et Où ?

La création se passera à la prochaine fête du violon à Champs sur Tarentaine en avril 2006, sous forme de veillées chez les gens, et sera suivie par d'autres dates en discussion pour le moment.

Jf : Où trouver les informations ?

Jf : En allant sur le site www.jf-vrod.com ou en appelant l'Amta.

Jf : Au fond qui était Joseph Perrier ?

Jf : Un anonyme musicien paysan né en 1911 dans le massif central français dont la façon d'agir et de penser la musique ne peut manquer de nous interpeller au regard des représentations habituellement diffusées sur l'art, son apprentissage et sa diffusion.

Jf : Pourquoi dis-tu cela ?

Jf : Parce que à l'évidence, on cherche à nous décerveler en nous présentant un modèle unique de pensée et d'agissement dans nos vies quotidiennes.

Toutes les alternatives sont ou seront très précieuses.

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